Tout d'abord un grand merci à tous les visiteurs qui s'attardent ici depuis à peine un mois et qui ont permis que ce modeste blog soit déjà BLOG du mois sur MagicRpm . Merci à toi public ... sans toi je ne suis rien ...
Revenons aujourd’hui au groove le plus puissant avec un disque acheté il y a quelques temps déjà et régulièrement reposé sur ma platine en l’honneur d’auditeurs toujours friands de lignes de basses funky et de breaks de batterie qui claquent .
L’histoire d’Oneness of Juju est avant tout celle de son leader : James « Plunky » Branch .
Le saxophoniste James Plunky Branch naît à Richmond, en Virginie , en 1947 . Etudiant à la Columbia University de New York , il rencontre le bassiste Ken Shabala (Kent Parker), né à Brooklyn . En 1966 , Plunky y forme un groupe de R&B appelé The Soul Syndicate dont Kent Parker devient le chanteur . En cette fin des années 60 , les mouvements politiques sont extrêmement actifs dans les Universités Américaines et Plunky y participe activement ( manifestations , confrontations avec la police , etc ) . Lorsqu’il s’agit de répondre à l’appel de l’armée pour aller se battre au Vietnam , Plunky s’enfuit avec Shabala à San Francisco , ville jugée plus libérale , pour poursuivre une carrière musicale . Ils se rapprochent alors des Black Panthers et soutiennent les combats de George Jackson et d’Angela Davies . En 1969 , la scène de San Francisco étant en pleine ébullition , ils participent à de nombreuses jam sessions , y rencontrent le vibraphoniste Lon Moshe ( Ron Martin ) de Chicago et surtout le pianiste et percussioniste sud-africain d’origine zulu Ndiko Xaba qui leur demande de rejoindre son groupe Ndikho and the Natives, composé du percussioniste Michael "Babatunde" Lea d’ Englewood, New Jersey , et de deux musiciens de San Francisco : le pianiste Al-Hammel Rasul (Tony Grayson) et le Percussioniste Jalongo Ngoma (Dennis Stewart) avec lesquels ils enregistrent un premier L.P. : "Ndikho and the Natives". XML:NAMESPACE PREFIX = O />
Avec ce groupe , Plunky participe à une pièce de théâtre intitulée « Ressurection of the dead » qui développe l'idée d’une possible renaissance des Afro-Américains retrouvant leurs racines en s’appropriant une nouvelle identité et en se donnant de nouveaux noms plus africains . Plunky est , par exemple , rebaptisé Nkabinde ( ce qui signifie grand taureau , rapport à ses nombreuses conquêtes ... ) .
Après la fin de la pièce , les musiciens , tous issus de mouvements musicaux différents ( Plunky et Ken Shabala viennent du R&B et d’un jazz plus traditionnel , Lon Moshe a fait partie de la scène de jazz d’avant-garde de Chicago , Rasul est un autodidacte venu du gospel et de la Soul , Babatunde et Jalongo ont étudié les percussions et les chants africains , afro-cubains et brésiliens ) décident de continuer à jouer ensemble . Le groupe JUJU est né .
Plunky décide de faire de ce groupe le véhicule de ses idées politiques . A l’heure des luttes contre la guerre du Vietnam , il soutient le combat pour la liberté en Afrique du Sud , participant à de nombreux festivals et rassemblements politique de la baie de San Francisco au coté de Santana , Sun Ra , Pharaoh Sanders etc … Mettant en avant une identité africaine forte ( visages peints , vêtements traditionnels ) ils developpent un son basé sur les rythmes mélangés aux chants traditionnels africains comme au jazz le plus avant gardiste . Leur premier album , intitulé « JUJU – A Message from Mozambique » sort en 1973 sur Strata-East . La même année , ils déménagent à New York , Brooklyn et Harlem étant les points chauds du nationalisme noir . Ils y côtoient la scène d’avant-garde et jouent avec de grands noms tels que Sun Ra , Jackie McLean , Pharaoh Sanders et surtout Ornette Coleman qui les reçoit et les logent dans son home-studio de Soho .
En 1974 , le groupe se rend à Richmond , ville d’origine de Plunky , pour y enregistrer son deuxième album « JUJU Chapter 2 : Nia » . Plunky décide de s’installer définitivement dans sa ville natale . Certains autres membres du groupe , déçus par le manque de reconnaissance du public , quittent Juju . Plunky , désirant toucher un public plus large et peut être moins ouvert aux musiques d'avant-garde , décide d’ injecter une touche plus urbaine à sa musique , plus R&B , avec plus de chants .
Délaissant quelques peu les instruments traditionnels et s’adjoignant les services d’un batteur plus funky , Ronnie Toler , et du propre frère de Plunky , Muzi , pour remplacer Shabala à la basse , le son de Juju devient plus festif , plus dansant , plus funk . Le groupe devient alors Oneness of Juju et est bientôt rejoint par une chanteuse venue du gospel , Lady Eka-Ete (Jacqueline Holoman).
En 1975 , Plunky et un de ses amis , Jimmy Gray , monte le label Black Fire Records pour sortir l’album « African Rhythms » dont la superbe pochette réalisée par Muzi illustre de nouveau les influences africaines du groupe . Des difficultés de distribution font que le disque n’est pas un réel succès aux Etats-Unis . Il devient pourtant important à l’export , notamment dans les milieux d’avant-garde européens . Le groupe tourne alors beaucoup sur la côte Est des Etats-Unis , à la même affiche que Gil Scot-Heron, Hugh Masekela, Chuck Brown & the Soul Searchers, the Young Senators, Brute, Experience Unlimited , Jimmy Castor , etc …
Cet album , redécouvert et réédité par l’excellent et malheureusement défunt label anglais Strut est une petite merveille rythmique , qui ne laissera ni vos oreilles ni vos jambes indifférentes . Dans les jours qui arrivent je vous parlerais du deuxième album de ce groupe dont vous pourrez aussi écouter des extraits .
Ecoutez dès maintenant :
Oneness of Juju – African Rhythms ( évidemment le morceau phare de l’album qu’il ouvre en beauté . Tous les éléments qui font Oneness of Juju y sont : voix puissantes , sax incisif de Plunky , balafons et percussions omniprésents , groove digne de Fela et de l’afro-beat … un tube )
Oneness of Juju – Poo Too / Liberation Dues ( deux titres enchaînés tout à fait représentatifs de cette alliance magique entre le funk le plus groovy , le jazz parfois presque free , les influences traditionnelles africaines avec l’utilisation des percussions et du balafon , et le message politique )
Vous pouvez aussi acheter ce disque ici .









Nass
lun 01 mai 2006 12:02