va - Out on a Funky Trip ( Funk , Soul & Reggae from Randy's 1970 - 1975 )  posté le lundi 06 mars 2006 10:45

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Vincent "Randy" Chin est l’un des producteurs les plus fameux de l’histoire de la musique . Métisse sino-jamaïcain né à Kingston en 1937, Chin commence sa carrière en changeant les disques des juke-box à travers tout le pays . Au lieu de jeter les vieux disques pour les remplacer par les nouveautés , il les ramène chez lui et se construit une belle petite collection qui lui permet d’ouvrir son propre magasin de disques sur East Street en 1958 . Auditeur inconditionnel d’une émission de radio nocturne américaine consacré au R&B intitulée "Randy's Record Shop" , il prend le surnom de "Randy" et baptise Randy's Record Shop le nouveau magasin qu’il ouvre au sud de Kingston , au 17 North Parade , en 1961. La même année , il crée son premier label, Randy's, et produit ses premières sessions pour le duo Alton Ellis et Eddie Perkins . La réputation du label grossit et les plus grands musiciens de l’île gravent leurs noms sous l’étiquette Randy’s ( The Maytals, John Holt, Ken Boothe … ) . Chin crée même son propre groupe maison composé des saxophonistes Tommy McCook et Roland Alphonso, des trombonistes Don Drummond et Rico Rodriguez, et des trompettistes Bobby Ellis et Johnny "Dizzy" Moore . De ce groupe naîtront les futurs Skatalites

En 1967 , à force de voir les musiciens de l’île lui amener leurs créations à commercialiser , Chin décide de monter son propre studio ,  juste au dessus du magasin . La construction est supervisée par Bill Garnett , un ingénieur du son expérimenté . La réputation du studio met quelques temps à se développer mais progressivement, le Randy’s se distingue car il bénéficie d’installations qui créent un son particulier, à la fois caverneux et pur , selon une alchimie difficilement reproductible. A l’époque, l’équipe du studio prenait d’ailleurs garde à ne pas modifier intempestivement ses installations, de peur de perdre le son qui faisait la réputation du lieu. Quand Bill Garnett part pour New-York pour bosser au studio Impact d’Harry Belafonte ( A noter qu’ Impact ! sera le nom d’un des nombreux sous label de Randy’s ) , il est remplacé par le jeune Errol Thompson , issu de Studio One , qui va tenir les manettes sur les morceaux gravés par Lee Perry pour Bob Marley & the Wailers … Après le passage de Lee Perry , le studio 17 devient rapidement une référence .

A cette époque charnière des 60’s et des 70’s  , la Jamaïque est aussi touchée par l’ouragan funk et Clive Chin , le fils ainé de Vincent , enthousiasmé par ces sons venus du Nord , crée son propre Sound-System en 1971 , qu’il baptise « Black Moses » (référence évidente à Isaac Hayes ) , où il passe nombre de titres funk ( The Meters , Young Holt Unlimited , Booker T. & The MG’s ) souvent introuvables en Jamaïque et directement ramenés des Etats-Unis par Vincent Chin et Bill Garnett ( Junior Walker & the All Stars , The O’Jays , The Chi-Lites , The Stylistics , etc … ) . De nombreux groupes gravent des covers des tubes du moment, les labels américains comme Motown , Stax ou Brunswick sont distribués sous licence par les labels locaux , et les  artistes jamaïcains n’hésitent pas à revendiquer ses influences américaines ( le saxophoniste Cedric « Im » Brooks , mais aussi le bassiste des Maytals , Jackie Jackson , qui déclare connaître par cœur toutes les lignes de basse de son modèle , James Jamerson de la Motown … ) .

Tous ces sons influencent aussi les productions Randy’s . Le dimanche , Clive passe tout son temps libre au studio en compagnie d’Augusto Pablo et d' Erroll Thompson . Un groupe maison est formé , baptisé Skin , Flesh & Bones ( référence déclarée à Earth , Wind & Fire ) mené par un batteur surdoué fanatique de soul/Funk  , y compris dans son style vestimentaire , Lowell « Sly » Dunbar ( surnom emprunté à Sly Stone , évidemment ... ) , et qui comprend , entre autres , Lloyd Parks et son gros son de basse , le guitariste Bertram "Ranchie" McLean , Ansel Collins au clavier , et même Augustus Pablo au melodica . Leurs titres présentés ici transpirent le bon esprit en studio , le groove enfumé , les « funky vibes » ( l’inédit « Having a Party » qui transforme Kingston en Funkytown , leur version du « You Haven’t Done Nothing » de Stevie Wonder , leur transposition du « Disco Stomp » de Bohannon en « Reggae Stomp ») .

On découvre aussi Generation Gap , un groupe d’étudiants de l’University of West Indies , mené par le trompettiste Mikey Carroll et le guitariste John Parkison , spécialisés dans les covers , qui nous livre sur cette compilation une reprise du War d’ Edwin Starr . Ils sont aussi les créateurs du « Bubble Strut » présent dans la version ( inédite ) du saxophoniste des Skatalites , Tommy McCook , ici à la flûte , qui mélange pur reggæ et jazz-funk .

Plein d’autres titres furieusement funky : une version du légendaire « Soul Makossa » de Manu Dibango par Jablonski , un talkover soulful du DJ Charley Ace , un addictif « Funky Sting » par Barry Waite & Limited ( pas besoin d’expliquer la référence ) , et une curiosité parmi ces titres enregistrés en Jamaïque : deux titres de Lyn Taitt , « Out on a funky Trip » et « Stepping Up » , totalement inédits , sur lesquels il faut s’attarder .

Enregistrés fin 1972 – début 1973 aux Art Craft Studio de Brooklyn , il faut bien avouer qu’il s’agit des morceaux les plus funky de la compilation . Ecrits et arrangés par le guitariste originaire de Trinidad Lyn Taitt , vétéran du ska et du rocksteady aux cotés de Byron Lee , Duke Reid ou des Skatalites , ami de Victor Chin qui se trouvait à l’époque à New York , ces deux morceaux réunissent quelques vétérans ( dont Roland Alphonso au sax ) autour de Bill Garnett aux manettes . Le résultat est tout simplement prodigieux .

Plutôt que des covers , je préfère vous proposer des originaux .

Ecouter :

 

Lyn Taitt – Out on a funky Trip ( la face A , la section rythmique met le feu au moog de Lyn Taitt , et les cuivres ne sont pas là pour l’apaiser )

 

Lyn Taitt – Stepping Up ( la face B , où duellisent Roland Alphonso au sax et Lyn Taitt à la guitare )

Skin , Flesh & Bones – Having A Party ( la fête est réussie , apparemment )

Barry Waite & Limited – Funky Sting part 2 ( la section rythmique de ce trio guitare-basse-batterie est mise en avant dans cette Part 2 )

Disque disponible ici , ou ailleurs .

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Betty Wright – Hard to Stop ( 1973 )  posté le vendredi 03 mars 2006 19:34

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Je vous parlais récemment , avec Raul Mildon , de la Floride et de la scène de Miami . Parlons un peu aujourd’hui, d’une des grandes voix de cette scène , Betty Wright , grande dame toujours en activité ( la jeune Joss Stone lui doit beaucoup , relisez les notes de pochette de ses Soul Sessions … ) .

Betty Wright est née le 21 Décembre 1953 à Miami au sein d’une famille de musiciens ( ses frères Phillip et Milton ainsi que sa soeur Jeanette enregistreront de nombreuses fois à ses côtés ) . Elle débute sa carrière de chanteuse au sein du groupe de gospel familial , Echoes of Joy . A partir de 13 ans , elle commence à poser sa voix dans les chœurs de nombre d’artistes sur le label Deep City Records ( l’un des nombreux labels appartenant au magnat musical Henry Stone , futur boss de TK Records ) mais c’est à 15 ans qu’elle sort son premier single solo à dimension nationale ( via Atlantic ) sur le label Alston ( encore une propriété Henry Stone ) "Girls Can't Do What the Guys Do" , qui reçoit un beau succès d’estime , et son premier album My First Time Around .

Elle ne rencontre le succès que 4 ans plus tard , en 1972 avec le tube « Clean Up Woman » porté par sa prestation vocale et le fameux riff de guitare de Willie « Little Beaver » Hale . Elle enchaîne avec quelques singles au succès moins important et rentre en studio au début du printemps 1973 pour enregistrer « Hard to Stop (Doing Something That’s Good to You ) » qui va devenir le morceau titre du 3e album de Betty Wright pour Alston .

Le son de cet album sera représentatif du son de Miami du début des années 70 , aussi identifiable que celui de la Motown ou de Stax , en attendant les succès futurs de TK records ( KC & the Sunshine Band , George & Gwen McRae , etc ) . Willie Clarke , Steve Alaimo et Clarence Reid ( pianiste plus connu sous le pseudonyme du salace Blowfly ) sont aux manettes et épaulent Betty Wright à l’écriture et aux arrangements . La crème des musiciens-maison est là pour l’accompagner : Little Beaver bien sur , Benny Latimore ( familier des lecteurs réguliers de La Case de l’Affreux Thom , pour son Let’s Straighten’ Out d’anthologie , repris de façon magistral par O.V. Wright ) , et même le grand Al Kooper venu en ami pour mettre en valeur la voix puissante de Betty Wright sur ce court album un peu oublié mais habilement réédité en 2004 .

Ecoutez :

Betty Wright – Gimme back my man ( Pousser le volume au maximum pour profiter du Miami Sound )

Betty Wright – The Babysitter ( un petit bijou , tant au niveau instrumental avec des arrangements nickels de Clarence Reid , qu’au niveau des paroles dignes d’un épisode de Desperate Housewifes … à noter le gimmick « Rock , Rock , Rock your Baby » à la fin du morceau , qui fait bizarrement penser à un succès de George McRae , paru quelques années plus tard , sur … TK Records )

Betty Wright – I Am a Woman ( on ralentit le tempo pour cette reprise d’ Helen Reddy , juste pour apprécier ce cri du coeur de Betty Wright … « I’m strong , I am invicible , I’m a woman ! » )

 

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The L.A. Carnival - Would Like To Pose a Question ( 2003 )  posté le mercredi 01 mars 2006 16:44

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Rio , Venise … Dunkerque , c’est l’époque des carnavals . Je vous présenterais donc aujourd’hui le groupe L.A. Carnival , obscur groupe de funk du Midwest , basé à Omaha ( Nebraska ) récemment réédité par les docteur ès cratedigging de Stones Throws , sur leur excellente division Now Again .

 

L.A. Carnival est essentiellement le groupe d’un seul homme , Lester Abrams , auteur-compositeur-interprète et percussioniste sur presque tout l’ « album » ( agrémenté de démos enregistrées par le groupe ) présenté aujourd’hui . L’histoire de Lester Abrams est tristement banale .

 

Dans cette ville d’Omaha qui a vu naître Malcom X ( qui décrit dans son autobiographie la façon dont le Klu Klux Klan avait l’habitude de terroriser ses parents ) , Abrams est un jeune métisse qui doit se battre ( physiquement souvent ) à la fois contre la communauté blanche et contre la communauté noire pour trouver sa place . Les seuls moments de réconfort sont ceux passés auprès de sa grand-mère , installé devant le piano familial  ou devant les disques de Sarah Vaughan et de Lavern Baker . Lester se met ensuite avec enthousiasme à la batterie et commence à jouer dans des petites formations locales avant d’intégrer la Tech High School et son « dance band » en 1960 . En découvrant la musique de Little Richard et de Junior Walker , Lester redécouvre en lui ses racines afro-américaines . Une fois diplômé , il se lance dans une carrière de musicien professionnel , accompagnant les artistes qui passent par Omaha , comme Howling Wolf , Screaming Jay Hawkins ou d’autres musiciens locaux . Pas ou peu de racisme avec ces types là : si tu es bon , tu restes , sinon , tu sors …

 

Lester se construit sa petite réputation de batteur efficace . Lorsqu’une bourgeoise locale lui propose de l’engager ( contre gros salaire ) pour chapeauter le groupe de son fils , The Fabulous Impacts , il saute sur l’occasion pour virer le batteur en place et devenir le leader de ce groupe de jeunes blanc-becs . Il les fait travailler dur et à force de répétitions et de devoirs-maisons il réussit à transformer ces gamins rockers en un groupe de funk près à l’accompagner dans ses délires rythmiques . Avec eux il grave deux 45t sur lesquels il tient aussi le rôle de chanteur .

 

A la même époque , Leslie Smith , un jeune ado d’Omaha , lointaine connaissance et fan de Lester , monte son groupe , le Les Smith Soul Band , et invite Abrams à assister à un de leurs concerts . Abrams est conquis par ces jeunes types prometteurs et accepte de venir répéter avec eux . Le batteur déjà en place est de nouveau obligé de déclarer forfait devant sa technique …

 

Rapidement et logiquement , Lester devient le leader de ce jeune groupe, qu’il façonne selon ses désirs ( compositions , line-up , etc ) , créant l’émulation technique et artistique qui transforme ce soul-band en groupe de pure funk .

Rapidement , Lester se lasse des reprises et désire créer ses propres titres . En 1969 , le groupe grave 3 titres sur acetate ( « Blind Man » , « Bad Luck » et « Blues for L.A. » , les deux derniers se retrouvent en bonus sous ce format acetate brut sur le disque présenté aujourd’hui ) juste avant que Leslie Smith soit envoyé au service militaire .

 

Lester Abrams profite de cette absence pour rebaptiser le groupe The L.A. Carnival et décide de radicaliser ses morceaux en développant les thêmes des drogues psychédéliques ( « Flying » ) , de la prostitution ( « Seven Lonely Steps » ) , prise de conscience politique typique de la fin des 60’s ( « We Need Peace » ) ou du racisme ( thème récurrent dans l’écriture de ce métis , dans « Pose a question » , « Black Man’s march » , « Color » ou le superbe « The Klan » ) . La musique elle-même illustre le métissage culturel de l’époque , mélangeant rythmiques purement funk , mélodies psychédéliques et références instrumentales au jazz ( le morceau « Ron’s Tune » écrit par le guitariste Ron Cooley est clairement influencé par Grant Green ) .

 

Après avoir beaucoup tourné sur la scène locale en 1970 , au retour de Leslie le groupe enregistre au Pacific Avenue , le studio d’Omaha dirigé par Skip Wilson et sort son premier single « Blind Man b/w Color » . Mais à cet époque , Abrams est peut être le seul membre motivé pour sortir le groupe de la scène locale . Il contacte Johnny Otis , un ami de son oncle , en Californie , pour un éventuel engagement , mais les autres membres , encore scolarisés , ne peuvent se libérer . Finalement , alors que 1972 s’approche , le groupe s’éteint peu à peu , les membres quittant Omaha pour s’engager dans des projets différents . Restent ces bandes , ultimes traces de moments partagés par de jeunes funksters du Midwest , au début des années 1970 . C’est ce document brut , cette musique qui ne changera jamais la face du monde , ce disque qui aurait pû continuer à prendre la poussière mais qui raconte la vie de musiciens oubliés que j’avais envie de vous faire partager .

 

Retrouvez l’histoire complète de The L.A. Carnival , de superbes photos de l’époque ainsi que des photos récentes des membres du groupe sur leur «  page officielle » . Merci encore à Stones Throws pour ce boulot impeccable .

 

Ecouter :

 

L.A. Carnival – Scratchin’ ( Live ) ( voilà comment sonnait un jeune groupe de funk , le 27 Mars 1970 , au Peony Park d’ Omaha , Nebraska . Un gros son brut . Ce jour là , les membres du groupe sont :

Lester Abrams – drums, back-up vocals,

Arno Lucas – lead  vocals, percussion
Rick Chudacoff – electric bass, backup vocals
Ron Cooley – electric guitar , back-up vocals
Geno DeVaughn – trumpet
Percy Marion – tenor saxophone, back-up vocals

Michael Patterson – alto saxophone

 

L.A. Carnival – The Klan ( les gars changent de registre pour un long morceau étonnant , soulful et psychédélique . Lester Abrams au piano , Ron Cooley à la guitare acoustique , Percy Marion à flûte … et la voix d’Arno Lucas !  « I Killed a man today with my bare hands … a member of the Klan » . Superbe . )

 

L.A. Carnival – Color ( le groupe au complet pour ce morceau raw-funk , cet hymne anti-raciste . Leslie Smith et Arno Lucas duettise au chant , accompagné de Lester Abrams lui-même sur le refrain :

Lester Abrams – drums, vocals,
Arno Lucas – vocals, percussion
Leslie Smith – vocals
Rick Chudacoff – electric bass, backup vocals
Ron Cooley – electric guitar
Geno DeVaughn – trumpet
Percy Marion – tenor saxophone
Michael Patterson – alto saxophone

 

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Raul Midon - State of Mind ( 2005 )  posté le samedi 25 février 2006 21:43

La mort de plusieurs jeunes musiciens chers à mon cœur m’a fait prendre conscience qu’il est parfois important de prler de leur musique avant qu’il ne soit trop tard … redécouvrir les disques du passé c’est important , mais écouter la musique du présent ( et du futur ) c’est aussi enrichissant . Et je ne suis pas ( plus ) de ceux qui considèrent qu’avant c’etait mieux , que la musique actuelle ne fait que ressasser les vieilles idées d’antant . C’est pourquoi je vous parlerais aujourd’hui d’un artiste actuel qui vous séduira , je l’espère , en 2006 : Raul Midon .

 

Auteur-compositeur-interprète doué , il vient de sortir chez Blue Note ( qui apparemment à décider de réinjecter du talent neuf dans son catalogue ) un album très réussi intitulé State of Mind .

 

Par son père , danseur professionnel argentin , il a reçu le sens du rythme , par sa mère afro-américaine , il a reçu la Soul . Il grandit au Nouveau-Mexique avant d’aller à l’Université de Miami où il apprend la guitare grâce à deux professeurs qui lui enseignent les bases du classique , du flamenco et du Jazz . Chez lui , il entend le folklore argentin ( Los Machucombos , Los Chachaleros ) et s’écoute en boucle le This Masquerade de George Benson , alors au top de sa période soul-jazz  sur l’album Breezin’ . Il avoue aussi l’énorme influence de José Feliciano et de Stevie Wonder , non-voyants comme lui et son grand respect pour  Tuck Andress du duo Tuck & Patti , pour le flamenco . Mais sa plus grande référence reste Donny Hathaway , qu’il dit admiré pour son écriture , ses arrangements et la force de son chant . Il lui dédie d’ailleurs un titre sur cet album ( Sittin’ in the Middle ) .

 

Ses premiers engagements en tant que musicien professionnel semblent pourtant assez éloigné de ces influences avouées . Après ses études , Raul est en effet appelé en tant que sideman ou pour les chœurs par de nombreux artistes de l’énorme scène latino de Miami ( Julio et Enrique Iglesias , Ricky Martin et les tournées de Shakira … ) . c’est en 2002 qu’il se décide à quitter cette scène pour se rendre à New York et tenter sa chance en solo . Après moult galères , il décide de réaliser son rève de signature sur Blue Note et se rend aux bureaux de la maison de disque légendaire pour rencontrer Bruce Lundvall ( l’homme de la « renaissance » du label bleu ) . C’est Arif et Joe Mardin qui le reçoivent ( les producteurs de l’âge d’or d’Atlantic , avec Aretha Franklin , Donny Hathaway , Roberta Flack , etc … ) et qui , conquis , pousse Lundvall à aller écouter et à signer Raul . Grâce à Arif Mardin , véritable légende de la musique américaine , Raul reçoit le concours de nombreux invités de marque : le flûtiste Dave Valentin , le vibraphoniste Stefon Harris et surtout LE Stevie Wonder à l’harmonica . Entouré comme cela , et avec un tel talent , on ne peut vraiment pas sortir un album raté . N’hésitez donc pas une seconde devant ce disque . J’ai été bluffé par cette voix qui vous fait immédiatement penser aux plus grands ( Donnie Hathaway , Stevie Wonder bien sur , mais aussi Jon Lucien parfois , dans les intonations comme dans l’écriture … nous reparlerons de ce dernier dans quelques temps ) et dans ce jeu de guitare ensoleillé qui rappelle José Féliciano ou la technique rythmique d’un Keziah Jones .

 

Raul Midon est vivant , et il jouera en live lors du festival Bose Blue Note 2006 , à la programmation impeccable . Ne le manquez pas .

 

Ecoutez :

 

Raul Midon - Sittin’ in the Middle ( morceau en hommage à Donny Hathaway , qu’on a presque l’impression d’entendre … troublant )

 

Raul Midon - Expressions of Love ( superbe ballade , avec la cerise sur le gâteau , Stevie Wonder , à l’harmonica … )

 

Raul Midon - Sunshine  ( sans doute mon morceau préféré , coécrit par … Little Louie Vega des Masters At Work , empereurs de la «Latin House » , ami de Raul Midon )

 

 

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Midnight Star - Headlines ( 1986 )  posté le mardi 21 février 2006 11:49

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Un jour, des paysans phrygiens trouvèrent un vieillard obèse et couronné de roses, affublé d'une queue de cheval et ivre mort. Ils le conduisent à Midas, leur souverain , qui reconnaît, dans le vieillard, Silène, le compagnon et le précepteur de Dionysos. En son honneur, Midas donna une joyeuse bacchanale, puis le roi conduisit son hôte auprès de Dionysos.

 

Heureux de retrouver son ami, le dieu invita Midas à formuler un vœu. S'adressant à Dionysos, Midas lui dit alors : "Fais que tout ce que je toucherai se transforme en or. " Dionysos accéda au désir du roi. Impatient, Midas voulut éprouver son pouvoir et arracha une branche à un chêne; aussitôt, elle se mua en or. Il prit une pierre; elle se transforma en pépite. Il en fut de même d'une motte de terre, d'un épi, d'une pomme, de la porte du palais et de l'eau quand Midas voulut se laver les mains. L'infortuné éprouva une désagréable surprise lorsqu'il se mit à table le pain, la viande se changèrent en or. Angoissé, Midas supplia Dionysos de lui pardonner et de le délivrer. Le dieu l'entendit et lui ordonna d'aller se laver dans la source du ruisseau Pactole. Midas fut ainsi débarrassé de son funeste privilège. Depuis, les eaux du Pactole roulent de l'or.

 

Midnight Star naît en 1976 à la Kentucky State University où les frères Calloway , Reginald à la trompette et Vincent au trombone rencontrent la chanteuse Belinda Lipscomb . Reggie avait commencé à écrire ses premières compositions au lycée , tout en jouant dans des groupes locaux comme "The Motown Masters" ou "The Mad Dog Fire Department" , puis formé son propre groupe de jazz fusion appelé "Sunchild". Une fois leurs études terminées , les membres de Midnight Star décident d’élargir leur audience en déménageant à Cincinatti . De nouveaux membres intégrent le groupe : Melvin et Boaz Watson au chant , Jeffrey Cooper à la guitare et aux claviers , Kenneth Gant au chant et à la basse, Bobby Lovelace à la batterie , et William Simmons aux percussions , sax et claviers . Leur réputation grandit en Ohio et il décide de partir sur la Côte Ouest à la fin des années 70 . A Los Angeles . ils partagent souvent l’affiche avec des groupes comme Lakeside Express ou Liquid Funk , et décrochent un contrat avec RCA Records. Leur premier album "The Beginning" sort en 1980. Malgré le relative échec de cet album et des singles qui en sont extraits , ils se font remarquer par Dick Griffey, le patron de SOLAR Records , qui les signe en 1981 . 

En 1982 sort "Victory" , leur deuxième album ( et premier sur leur nouveau label SOLAR ) où les frères Calloway ont perfectionné leurs compositions , productions et arrangements . Le vrai succès arrive avec leur troisième album , le bien nommé "No Parking On The Dance Floor." qui contient les hits "Freak-A-Zoid " , "No Parking On The Dance Floor." "Wet My Whistle." . Le succès est toujours au rendez vous pour leur 4e album , en 1984 , "Planetary Invasion " et les tubes  "Operator." , "Scientific Love" et "Body Snatchers" .  La recette est assez simple : rythmes funky pré-technoïdes , claviers sci-fi et vocoder . Reggie Calloway, l’âme du groupe , l’applique aussi à cette époque aux groupes The Deele ( premier groupe du futur Babyface ) et Klymaxx. Avec son frère Vincent , il écrit et produit des tubes pour Natalie Cole, Levert, Teddy Pendegrass, Glady Knight et bien d’autres .

C’est donc au sommet de leur art et de leur carrière , en 1986 ,  que les frères Calloway sortent leur 5e album « Headlines » , à la pochette soignée , qui sera le dernier de Midnight Star auquel ils participent . Cet album contient leurs tubes "Engine No. 9 " et surtout l’excellent "Midas Touch," , titre qui colle parfaitement bien à la situation dorée du groupe à l’époque . Production en or typiquement années 80 , groove synthétique et « hook » parfait , boite à rythme imitation handclaps ( j’adore ) … tout est en place pour faire brûler les dancefloors . Et surtout surtout , la golden , la « midas » touch , le petit détail qui change tout , celui qui vous donne le sourire dès que vous l’entendez  , vous le connaissez tous , vous qui avez usé vos semelles sur ce morceau classique , le coup de génie de Reggie Calloway : LA note de triangle .

 

Ecoutez :

 

 

Midnight Star - Engine N° 9  (  version 12 " )

 

Midnight Star - Midas Touch (version 12 " )

 

“I’ve got the Midas Touch
Everything I touch turns to gold, yeah, darlin’ ”

 

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